Collecte de la taxe de séjour, le tour de passe-passe d’Airbnb

La semaine dernière, Airbnb a annoncé avoir reversé 5,5M€ de taxe de séjour à la Mairie de Paris. Derrière ce chiffre important se cache une réalité bien différente.
Les analyses menées et publiées, il y a plusieurs semaines, par l’AhTop ont permis d’établir que 80% de la clientèle des plateformes numériques dédiées à la location de meublés touristiques était directement soustraite à l’industrie hôtelière. Dans le même temps, les constatations opérées permettent d’établir que les conditions de collecte de la taxe de séjour par ces plateformes numériques auprès de leurs utilisateurs (qui devrait, en principe, être de 0,83 € par nuit et par client) ne sont ni homogènes, ni systématiques. Ainsi, il résulte de l’examen du site Airbnb qu’aucune taxe de séjour ne serait collectée pour une réservation individuelle et que seulement un euro serait collecté pour une réservation de deux personnes, alors qu’en comparaison, la taxe de séjour collectée par les hôteliers parisiens s’élève en moyenne à 1,99 € (selon un calcul AHTOP établi à partir de statistiques d’Atout France) et s’applique, elle, systématiquement.

  • Réservation Airbnb pour une seule personne

image-1

  • Réservation Airbnb pour deux personnes

image-2

Partant, la différence entre le montant de la taxe de séjour, semble-t-il collectée par Airbnb à Paris et le montant que cette plateforme numérique devrait collecter auprès de ses utilisateurs pour les appartements qu’elle propose à la location situés à Paris (si des taux réalistes étaient appliqués aux locations réalisées sur cette plateforme) correspond a minima à une perte sèche de 5 millions d’euros pour la Mairie de Paris. Une nouvelle fois l’AhTop ne peut que regretter cette distorsion de concurrence :

« Contrairement aux apparences, le fonctionnement de ces plateformes dans la collecte de la taxe de séjour est ubuesque. Cette différence de traitement entre acteurs traditionnels et acteurs du numériques est injustifiable et constitue un élément avéré de concurrence déloyale qui nous est préjudiciable. Dans un contexte très difficile marqué par les événements tragiques des derniers mois et de ces derniers jours, cette concurrence déloyale conduit à une perte de CA pour les hôtels parisiens de 316 millions d’euros soit une perte pour nos finances publiques d’un minimum de 31,6 millions d’euros de TVA ; ces constats ne s’appliquant pas à la seule capitale » déplore Jean-Bernard Falco, président de l’AhTop.

L’AhTop souhaite ainsi rétablir la vérité sur l’opération de communication menée par Airbnb pour détourner l’attention des autorités : « Le chiffre de collecte de la taxe de séjour à Paris diffusé par Airbnb, s’il peut, à première vue, paraître important cache une réalité très différente au préjudice de la Mairie de Paris et des acteurs traditionnels de la filière de l’hébergement touristique. L’heure est grave et la concurrence dévoyée à laquelle ils sont confrontés du fait des pratiques de ces plateformes, conduit aujourd’hui certains hôteliers à devoir licencier du personnel, ce qui n’était pas arrivé depuis 25 ans. Ces dérives doivent cesser sans quoi le secteur du tourisme, premier employeur de France et premier contributeur au PIB français, sera confronté à des répercussions structurelles tant sur l’emploi que sur sa croissance » conclut Jean-Bernard Falco, président de l’AhTop.

 

A propos d’AhTop
Créée le 21 Juillet 2015 et déjà forte de près de 30.000 adhérents, l’AhTop (Association pour un Hébergement et un Tourisme Professionnels) a vocation à fédérer l’ensemble des professionnels de la filière touristique et unifier en son sein tous les acteurs économiques pour promouvoir un hébergement de qualité et un haut niveau de service et contribuer ainsi à l’attractivité touristique de la France. Elle rassemble les organisations syndicales telles que le GNI-SYNHORCAT, la FAGIHT qui en sont membres fondateurs, la FNAIM, l’UNIS, le SNPI, la chaîne internationale Best Western, la fédération des professionnels parisiens des chambres d’hôtes ainsi que différents acteurs de la filière touristique française (secteur hôtelier, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse, restauration, agences de voyage, professions immobilières et syndics de copropriété).